Ils seront six, deux femmes et quatre hommes, à briguer ce dimanche les suffrages des électeurs Poitevins. Tour d’horizon à deux jours du premier tour.

La bataille de Poitiers aura-t-elle lieu ? A deux jours du premier tour des élections municipales, à l’heure où les candidats ont abattu leurs cartes, rien n’est encore joué mais des lignes de force se dégagent. Qui, des deux femmes et des quatre hommes peut raisonnablement prétendre à un second tour ? Tour de table…

> Le favori. Alain Claeys, le maire PS sortant, présente un mandat marqué par quelques grands chantiers (cœur d’agglo, viaduc, patinoire, halls du parc des expos…) Il se représente avec un projet de 40 engagements qui met l’accent sur la rénovation des écoles et des infrastructures sportives. A l’inverse de 2008, où il conduisait une liste plutôt « gauche plurielle », il aura à sa gauche son adjointe à l’environnement, l’écologiste Christiane Fraysse, alliée à une partie de la gauche radicale. S’il part grand favori de ce scrutin, il ne pourra sans doute pas faire l’économie d’un second tour, comme ce fut le cas en 2008 (lire encadré)
> La challenger. Candidate de la droite poitevine à répétition, Jacqueline Daigre (UMP-UDI) a créé la surprise en début de campagne en proposant la gratuité des bus.
Mais la présence au centre droit de la liste NPCP d’Éric Duboc et celle du Front National d’Alain Verdin peuvent empêcher la candidate libérale d’aller au bout de ses espérances.
> Le revenant. Député UDF de la Vienne dans les années 90 (il avait alors battu le socialiste Jacques Santrot) le centriste Éric Duboc, 53 ans, a décidé de partir seul à cette élection, privé de l’investiture des états-majors parisiens. Il défend notamment un projet de téléphérique Aérolis et prône l’abandon du BHNS (Bus à haut niveau de service).
> L’ambitieuse. Aux côtés du maire pendant ces six années comme adjointe à l’environnement, sans doute déçue par son manque d’écoute, l’écologiste Christiane Fraysse s’est trouvé d’autres partenaires.
Désormais alliée au NPA, à Ensemble et au Parti de Gauche, elle défend une vision écologique, sociale, solidaire et citoyenne de Poitiers. Elle entend bien être présente au second tour.
> Le militant. Présent pour la troisième fois dans un scrutin municipal, le trotskiste Ludovic Gaillard veut porter la voix des travailleurs. Balayant dans un même revers de main la bourgeoisie droitière et les socialistes qui ont selon lui trompé le camp ouvrier, le chef de file de Lutte Ouvrière entend une fois encore se démarquer des grands partis.
> Le trublion. Beaucoup à Poitiers pensaient qu’il n’irait pas au bout. Présent pour la première fois dans le paysage politique, le Front national, sous les couleurs du Rassemblement Bleu Marine, vise un score à deux chiffres.
Fort des 10,31 % réalisés par sa chef de file à la présidentielle de 2012, Alain Verdin, ancien policier transfuge de Debout la République, veut lui aussi jouer les trouble-fête.

repères

Les résultats en 2008

> Il y a six ans, cinq listes s’affrontaient. La liste d’union de la gauche, « Poitiers grandeur nature » conduite par Alain Claeys avait été élue dès le 1er tour avec 54,52 % des voix.
> La liste « Réveiller Poitiers » (majorité présidentielle) menée par Stéphane Braconnier avait recueilli 21,06 % des voix, la liste Centre-MoDem de Philippe Mahou 16,45 % des voix, la liste citoyenne (Ext gauche) menée par Maryse Desbourdes 6,24 % des voix. Lutte Ouvrière et Ludovic Gaillard avaient obtenu 1,74 % des suffrages.
> L’abstention s’élevait à 43,1 %.

polémique

Dominique Bussereau ne pourra pas visiter le siège de Vitalis

Ancien ministre des transports (notamment quand Jean-Pierre Raffarin était premier ministre), le Charentais-Maritime Dominique Bussereau souhaitait se rendre à la Régie des transports poitevins, Vitalis. Dans le cadre d’une visite à Poitiers pour soutenir Jacqueline Daigre. La date avait été fixée : le mardi 25 mars, deux jours après le 1er tour des municipales. Comme Alain Claeys qui a anticipé un débat public jeudi 27 mars, Jacqueline Daigre est très largement confiante sur sa participation au second tour.
Sauf que, dit Jacqueline Daigre dans un communiqué, « Alain Claeys a dit non » à la visite de Vitalis. « Cela montre un manque d’ouverture de cette politique qui sévit à Poitiers depuis 37 ans, s’insurge Jacqueline Daigre. Qu’en aurait-il été si le ministre avait été socialiste ? Refuser l’ouverture d’un organisme public à un candidat en campagne, c’est du sectarisme. »
Francis Chalard, porte-parole d’Alain Claeys, a indiqué que la décision a été prise non par le maire, mais par le directeur de Vitalis, lequel indique que « Vitalis est un espace privé ; il n’est pas ouvert au public. Il y a ici des gens qui travaillent. Il est difficile d’organiser ce genre d’évènements. »

La liste « Osons Poitiers » menée par l’écologiste Christiane Fraysse a réagi, mercredi, après la découverte de la mention « avec la gauche et les écologistes » figurant sur les bulletins de vote d’Alain Claeys. Elle appelait les électeurs « à se méfier des contrefaçons » (NR d’hier).
Michel Berthier, porte-parole de la liste du maire sortant, répond à son tour par voie de presse. « Nul n’a jamais le monopole de l’écologie même si le sectarisme de certains les amène à le penser ». Il énumère les différents partis des membres de la liste dont des écologistes, des radicaux de gauche, membres du Front de gauche et autres « personnalités de gauche ».
« En revanche, nous aurions compris le courroux de nos compétiteurs si nous avions qualifié notre liste d’extrême gauche puisque c’est ce qui les qualifie finalement le mieux. »

Jean-Michel Gouin
Article publié dans La Nouvelle République, le 20 mars 2014.
http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2014/03/21/Les-six-candidats-en-quete-d-electeurs-1838671
Les six candidats en quête d’électeurs secretariat Municipales2014Revue de Presse
Ils seront six, deux femmes et quatre hommes, à briguer ce dimanche les suffrages des électeurs Poitevins. Tour d’horizon à deux jours du premier tour. La bataille de Poitiers aura-t-elle lieu ? A deux jours du premier tour des élections municipales, à l'heure où les candidats ont abattu leurs cartes, rien...
<p id="articleChapo"><em>Ils seront six, deux femmes et quatre hommes, à briguer ce dimanche les suffrages des électeurs Poitevins. Tour d’horizon à deux jours du premier tour.</em></p> <div id="text"> <div> <div> <div> <table width="474" cellspacing="0" cellpadding="0"> <tbody> <tr> <td></td> <td></td> </tr> <tr> <td></td> <td></td> </tr> </tbody> </table> </div> </div> </div> La bataille de Poitiers aura-t-elle lieu ? A deux jours du premier tour des élections municipales, à l'heure où les candidats ont abattu leurs cartes, rien n'est encore joué mais des lignes de force se dégagent. Qui, des deux femmes et des quatre hommes peut raisonnablement prétendre à un second tour ? Tour de table… <b>> Le favori. </b>Alain Claeys, le maire PS sortant, présente un mandat marqué par quelques grands chantiers (cœur d'agglo, viaduc, patinoire, halls du parc des expos…) Il se représente avec un projet de 40 engagements qui met l'accent sur la rénovation des écoles et des infrastructures sportives. A l'inverse de 2008, où il conduisait une liste plutôt « gauche plurielle », il aura à sa gauche son adjointe à l'environnement, l'écologiste Christiane Fraysse, alliée à une partie de la gauche radicale. S'il part grand favori de ce scrutin, il ne pourra sans doute pas faire l'économie d'un second tour, comme ce fut le cas en 2008 (lire encadré) <b>> La challenger</b>. Candidate de la droite poitevine à répétition, Jacqueline Daigre (UMP-UDI) a créé la surprise en début de campagne en proposant la gratuité des bus. Mais la présence au centre droit de la liste NPCP d'Éric Duboc et celle du Front National d'Alain Verdin peuvent empêcher la candidate libérale d'aller au bout de ses espérances. <b>> Le revenant. </b>Député UDF de la Vienne dans les années 90 (il avait alors battu le socialiste Jacques Santrot) le centriste Éric Duboc, 53 ans, a décidé de partir seul à cette élection, privé de l'investiture des états-majors parisiens. Il défend notamment un projet de téléphérique Aérolis et prône l'abandon du BHNS (Bus à haut niveau de service). <b>> L'ambitieuse. </b>Aux côtés du maire pendant ces six années comme adjointe à l'environnement, sans doute déçue par son manque d'écoute, l'écologiste Christiane Fraysse s'est trouvé d'autres partenaires. Désormais alliée au NPA, à Ensemble et au Parti de Gauche, elle défend une vision écologique, sociale, solidaire et citoyenne de Poitiers. Elle entend bien être présente au second tour. <b>> Le militant. </b>Présent pour la troisième fois dans un scrutin municipal, le trotskiste Ludovic Gaillard veut porter la voix des travailleurs. Balayant dans un même revers de main la bourgeoisie droitière et les socialistes qui ont selon lui trompé le camp ouvrier, le chef de file de Lutte Ouvrière entend une fois encore se démarquer des grands partis. <b>> Le trublion.</b> Beaucoup à Poitiers pensaient qu'il n'irait pas au bout. Présent pour la première fois dans le paysage politique, le Front national, sous les couleurs du Rassemblement Bleu Marine, vise un score à deux chiffres. Fort des 10,31 % réalisés par sa chef de file à la présidentielle de 2012, Alain Verdin, ancien policier transfuge de Debout la République, veut lui aussi jouer les trouble-fête. repères <b>Les résultats en 2008</b> > Il y a six ans, cinq listes s'affrontaient. La liste d'union de la gauche, « Poitiers grandeur nature » conduite par Alain Claeys avait été élue dès le 1<sup>er</sup> tour avec 54,52 % des voix. > La liste « Réveiller Poitiers » (majorité présidentielle) menée par Stéphane Braconnier avait recueilli 21,06 % des voix, la liste Centre-MoDem de Philippe Mahou 16,45 % des voix, la liste citoyenne (Ext gauche) menée par Maryse Desbourdes 6,24 % des voix. Lutte Ouvrière et Ludovic Gaillard avaient obtenu 1,74 % des suffrages. > L'abstention s'élevait à 43,1 %. polémique <b>Dominique Bussereau ne pourra pas visiter le siège de Vitalis</b> Ancien ministre des transports (notamment quand Jean-Pierre Raffarin était premier ministre), le Charentais-Maritime Dominique Bussereau souhaitait se rendre à la Régie des transports poitevins, Vitalis. Dans le cadre d'une visite à Poitiers pour soutenir Jacqueline Daigre. La date avait été fixée : le mardi 25 mars, deux jours après le 1<sup>er</sup> tour des municipales. Comme Alain Claeys qui a anticipé un débat public jeudi 27 mars, Jacqueline Daigre est très largement confiante sur sa participation au second tour. Sauf que, dit Jacqueline Daigre dans un communiqué, <i>« Alain Claeys a dit non » </i>à la visite de Vitalis. <i>« Cela montre un manque d'ouverture de cette politique qui sévit à Poitiers depuis 37 ans, </i>s'insurge Jacqueline Daigre<i>. Qu'en aurait-il été si le ministre avait été socialiste ? Refuser l'ouverture d'un organisme public à un candidat en campagne, c'est du sectarisme. »</i> Francis Chalard, porte-parole d'Alain Claeys, a indiqué que la décision a été prise non par le maire, mais par le directeur de Vitalis, lequel indique que <i>« Vitalis est un espace privé ; il n'est pas ouvert au public. Il y a ici des gens qui travaillent. Il est difficile d'organiser ce genre d'évènements. »</i> La liste « Osons Poitiers » menée par l'écologiste Christiane Fraysse a réagi, mercredi, après la découverte de la mention « <i>avec la gauche et les écologistes </i>» figurant sur les bulletins de vote d'Alain Claeys. Elle appelait les électeurs « <i>à se méfier des contrefaçons </i>» (NR d'hier). Michel Berthier, porte-parole de la liste du maire sortant, répond à son tour par voie de presse<i>. « Nul n'a jamais le monopole de l'écologie même si le sectarisme de certains les amène à le penser ». </i>Il énumère les différents partis des membres de la liste dont des écologistes, des radicaux de gauche, membres du Front de gauche et autres « <i>personnalités de gauche ».</i> <i>« En revanche, nous aurions compris le courroux de nos compétiteurs si nous avions qualifié notre liste d'extrême gauche puisque c'est ce qui les qualifie finalement le mieux. »</i> </div> <div>Jean-Michel Gouin</div> <div></div> <div>Article publié dans La Nouvelle République, le 20 mars 2014.</div> <div>http://www.lanouvellerepublique.fr/Toute-zone/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2014/03/21/Les-six-candidats-en-quete-d-electeurs-1838671</div>