Nouvelle billetique Vitalis

Délibération n°71 (2016-0424) Acquisition d’un système billettique pour le réseau de transport urbain et demande de subvention à l’Europe

Cette délibération nous conduit à nouveau à poser une question de fond à propos de ce que nous attendons du transport en commun. Si c’est de proposer, à Poitiers et sur l’agglomération, un réseau de transports en commun accessible à tous, qui tienne compte des urgences sociales et écologiques, qui participe à rendre nos territoires véritablement solidaires, et attractifs, alors il ne faut pas penser modernité seulement en termes d’équipements et de technologie. Il faut dans notre réflexion ne pas balayer d’un revers de manche ce qui se passe par exemple à Aubagne, Libourne, mais aussi à Tallin, la capitale de l’Estonie, et ce qui est également en projet à Dunkerque pour 2018 : se poser donc la question de la gratuité dont il faudrait sérieusement étudier le coût et l’impact avant de se lancer dans de nouvelles dépenses liées à la billetterie.

Alors on nous a dit déjà que nous ne sommes pas raisonnables d’envisager cette hypothèse. Mais peut-on revenir un instant sur le choix que nous avons fait à Grand Poitiers, d’un équipement de luxe pour redynamiser notre réseau de transports en commun ? Depuis plusieurs années, les investissements s’enchaînent afin de mettre en place un Bus à Haut Niveau de Services (BHNS) sur l’agglomération. Même si l’on a pas encore atteint les chiffres annoncés en 2010 où il était question de plusieurs centaines de millions d’euros, on peut déjà compter les dizaines de millions d’euros dépensés depuis, entre les 30 millions du Viaduc et les 9 ou 10 millions de travaux en cours. Aujourd’hui, on nous apprend que les dépenses liées au changement de billettique s’élèvent, quant à elles, à 2,4 millions d’euros. 2,4 millions d’euros pour que les usagers puissent acheter leurs billets « en station, sur des machines similaires à celles du métro parisien », plutôt que dans les actuels points relais. Tout comme sur le reste du projet, nous émettons là encore des réserves : ce nouvel équipement aura-t-il un quelconque impact sur la fréquentation, alors que les tarifs pratiqués, de même que les manquements du réseau, continuent à décourager de potentiels voyageurs ? Et je ne rappellerai pas que les investissements BHNS réalisés n’ont eu aucun impact sur la fréquentation et ne répondent donc pas à l’objectif fixé.

A ceux qui envisagent la gratuité pour redynamiser notre réseau de transports en commun, pour des raisons sociales, économiques, ou encore écologiques, on répond que sa mise en place coûteuse entraînerait une dégradation de notre réseau, au niveau de l’amplitude horaire par exemple ou encore du respect du matériel. Avant de parler « coût de la gratuité », je voudrais cependant verser au débat les possibles que cette gratuité dessine. Et ça je ne peux pas le faire dans un format « tweet », excusez-moi de développer quelques arguments quand même. Les exemples que nous connaissons montrent que la disparition du ticket payant engendre une augmentation certaine de la fréquentation et que la création de nouvelles lignes accompagnant ce regain d’affluence peuvent être à l’origine de création d’emplois. De même, les commerces, irrigués par un réseau de transports gratuits, bénéficient directement d’une telle mesure. Parler de dégradation potentielle du matériel, c’est partir du préjugé selon lequel les gens ne respecteraient que ce qui est payant, et s’inquiéter de la baisse potentielle de la qualité du service, c’est faire fi de la grande entreprise de consultation et d’implication citoyenne dans laquelle s’inscrit le projet de la gratuité totale des transports en commun, afin de proposer un service public qui réponde aux besoins de chacun.

Attention à ne pas se contenter d’habiller de luxe un réseau défectueux. La billetterie actuelle serait obsolète. Notre réseau qui ne parvient pas à convaincre de nouveaux usagers est obsolète : il ne répond pas à l’urgence écologique et sociale que nous connaissons.

Osons Poitiers quitte le conseil d’agglomération

Intervention de Jacques Arfeuillère sur les transports en commun de l’Agglo (23/09/16)https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/09/Conseil-GP-du-23.09.2016-1024x576.jpghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/09/Conseil-GP-du-23.09.2016-150x150.jpg SecretariatOzons Conseil communautaire,,,
Nouvelle billetique Vitalis Délibération n°71 (2016-0424) Acquisition d’un système billettique pour le réseau de transport urbain et demande de subvention à l’Europe Cette délibération nous conduit à nouveau à poser une question de fond à propos de ce que nous attendons du transport en commun. Si c’est de proposer, à Poitiers...
<p lang="zxx" align="justify"><span style="font-family: Cambria, serif;"><span style="font-size: medium;"><b>Nouvelle billetique Vitalis</b></span></span></p> <p lang="zxx" align="justify"><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2016/09/Délibération-71_2016-0424.pdf">Délibération n°71 (2016-0424) Acquisition d’un système billettique pour le réseau de transport urbain et demande de subvention à l’Europe</a></p> <p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Cambria, serif;"><span style="font-size: medium;">Cette délibération nous conduit à nouveau à poser une question de fond à propos de ce que nous attendons du transport en commun. Si c’est de proposer, à Poitiers et sur l’agglomération, un réseau de transports en commun accessible à tous, qui tienne compte des urgences sociales et écologiques, qui participe à rendre nos territoires véritablement solidaires, et attractifs, alors il ne faut pas penser modernité seulement en termes d’équipements et de technologie. Il faut dans notre réflexion ne pas balayer d’un revers de manche ce qui se passe par exemple à Aubagne, Libourne, mais aussi à Tallin, la capitale de l’Estonie, et ce qui est également en projet à Dunkerque pour 2018 : se poser donc la question de la gratuité dont il faudrait sérieusement étudier le coût et l’impact avant de se lancer dans de nouvelles dépenses liées à la billetterie.</span></span></span></p> <p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Cambria, serif;"><span style="font-size: medium;">Alors on nous a dit déjà que nous ne sommes pas raisonnables d’envisager cette hypothèse. Mais peut-on revenir un instant sur le choix que nous avons fait à Grand Poitiers, d’un équipement de luxe pour redynamiser notre réseau de transports en commun ? Depuis plusieurs années, les investissements s’enchaînent afin de mettre en place un Bus à Haut Niveau de Services (BHNS) sur l’agglomération. Même si l'on a pas encore atteint les chiffres annoncés en 2010 où il était question de plusieurs centaines de millions d'euros, on peut déjà compter les dizaines de millions d'euros dépensés depuis, entre les 30 millions du Viaduc et les 9 ou 10 millions de travaux en cours. Aujourd’hui, on nous apprend que les dépenses liées au changement de billettique s’élèvent, quant à elles, à 2,4 millions d’euros. 2,4 millions d’euros pour que les usagers puissent acheter leurs billets « en station, sur des machines similaires à celles du métro parisien », plutôt que dans les actuels points relais. Tout comme sur le reste du projet, nous émettons là encore des réserves : ce nouvel équipement aura-t-il un quelconque impact sur la fréquentation, alors que les tarifs pratiqués, de même que les manquements du réseau, continuent à décourager de potentiels voyageurs ? Et je ne rappellerai pas que les investissements BHNS réalisés n’ont eu aucun impact sur la fréquentation et ne répondent donc pas à l’objectif fixé.</span></span></span></p> <p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Cambria, serif;"><span style="font-size: medium;">A ceux qui envisagent la gratuité pour redynamiser notre réseau de transports en commun, pour des raisons sociales, économiques, ou encore écologiques, on répond que sa mise en place coûteuse entraînerait une dégradation de notre réseau, au niveau de l’amplitude horaire par exemple ou encore du respect du matériel. Avant de parler « coût de la gratuité », je voudrais cependant verser au débat les possibles que cette gratuité dessine. Et ça je ne peux pas le faire dans un format "tweet", excusez-moi de développer quelques arguments quand même. Les exemples que nous connaissons montrent que la disparition du ticket payant engendre une augmentation certaine de la fréquentation et que la création de nouvelles lignes accompagnant ce regain d’affluence peuvent être à l’origine de création d’emplois. De même, les commerces, irrigués par un réseau de transports gratuits, bénéficient directement d’une telle mesure. Parler de dégradation potentielle du matériel, c’est partir du préjugé selon lequel les gens ne respecteraient que ce qui est payant, et s’inquiéter de la baisse potentielle de la qualité du service, c’est faire fi de la grande entreprise de consultation et d’implication citoyenne dans laquelle s’inscrit le projet de la gratuité totale des transports en commun, afin de proposer un service public qui réponde aux besoins de chacun.</span></span></span></p> <p lang="zxx" align="justify"><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Cambria, serif;"><span style="font-size: medium;">Attention à ne pas se contenter d’habiller de luxe un réseau défectueux. La billetterie actuelle serait obsolète. Notre réseau qui ne parvient pas à convaincre de nouveaux usagers est obsolète : il ne répond pas à l’urgence écologique et sociale que nous connaissons.</span></span></span></p> <p lang="zxx" align="justify"><a href="http://osonspoitiers.fr/osons-poitiers-dans-la-presse/">Osons Poitiers quitte le conseil d'agglomération</a></p>