Délibération n°79 (2019-0412) : Conception et mise en œuvre d’une politique agricole et alimentaire

Nous partageons le constat, nous partageons l’objectif de mettre au cœur du projet l’alimentation. Les directions sont données, reste à savoir comment on y va, avec quels moyens, selon quel calendrier.  En ce qui nous concerne, pour nous, c’est plus vite et plus loin. Les objectifs de la loi ne nous suffisent pas (50% vertueux d’ici 2022 dont 20% de bio). Les enjeux sont la santé, le climat, le développement économique : il faut affronter tout cela avec de l’ambition, gommer les « notamment » issu de l’agriculture biologique, en affirmant clairement l’intention du bio, dépasser donc les 20 % ; qualifier davantage quel élevage on soutient, quels aménagements on refuse (comme les bassines qui sont complètement contradictoires avec  les intentions affichées dans ce plan). Affirmons clairement aussi notre volonté de lutter contre l’artificialisation des sols et irriguons notre politique de cette volonté en n’imaginant pas des zones industrielles démesurées, en ne soutenant pas des projets routiers sur les terres agricoles, en décidant de monter le solaire sur les toits, les sols déjà artificialisés, par exemple. Les collectivités territoriales, par leur taille et leur pouvoir d’achat, représentent un marché final incitatif fondamental. Nous sommes un levier puissant, utilisons-le ! Au bout de cette ambition, il y a un gisement d’emploi important, une contribution à notre lutte contre le dérèglement climatique et pour la santé.

Nous travaillons à ces questions et vous proposons de faire votre marché dans nos propositions. Nous disons oui à la veille foncière, bien sûr, la clé est dans la terre. Mais, n’hésitons pas à imaginer aussi la municipalisation de certaines terres par achat ou préemption pour les louer aux paysan·ne·s et producteurs et productrices qui s’engagent dans un projet. Les citoyen·ne·s organisé·e·s en association (comme Terre de Liens) peuvent également acheter des terres dédiées à des cultures. Profitons du PLUi (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) pour organiser l’extension des terres agricoles y compris sur la commune de Poitiers. Et certaines communes possèdent des terres non utilisées qu’on peut dédier au maraîchage : on ne peut se contenter indéfiniment de l’exemple-test de Malaguet. Il faut le multiplier.

Consacrons des ressources humaines au projet pour ne pas se contenter de jolis mots et créons des ETP d’« animateurs et animatrices formé·e·s aux circuits courts et à l’autonomie alimentaire. Pour travailler en lien avec les maisons de quartier, les écoles, les habitant·e·s. Engageons un plan de formation pour les agent·e·s territoriaux·ales. Sollicitons les habitant·e·s pour développer et favoriser l’invasion végétale de la ville (rue, jardins, rond-point…), pour la culture maraîchère ou florale, pour rafraîchir les villes trop minéralisées.

Pour installer l’activité, pensons des aides communautaires à l’installation de maraîchers avec des partenaires comme InPACT, Terre de Liens, l’AFIPART en créant un poste de médiateur/médiatrice d’installation agricole en circuit court et autonomie alimentaire pour Grand Poitiers qui sera chargé·e du suivi des projets d’installation du début à la fin. Créons une aide de la Communauté Urbaine à la mutualisation des outils, des gros engins et engins saisonniers notamment par des CUMA (Coopérative d’Utilisation de Matériel Agricole). Pensons à favoriser le bio en aidant à la prise en charge du coût d’un label bio, exigeant comme par exemple « Nature et Progrès », biodynamie. Luttons contre le modèle des 2 000 porcs de Charroux et de la bio intensive et favorisons la mise en place d’ateliers de transformation ; pensons à la solution des abattoirs itinérants…

Enfin, pensons la distribution des marchandises : des outils numériques existent déjà dans les départements de la Vienne et des Deux-Sèvres. L’outil numérique peut servir à mettre en relation la demande et l’offre. Mutualisons !

Appuyons-nous sur le développement de la monnaie locale complémentaire qui renforce le circuit court.

Et n’oublions pas que cette politique alimentaire doit être au service de tous et de toutes : étudions notamment la possibilité d’aide alimentaire pour les familles les plus précaires permettant de rencontrer les producteurs et les productrices du territoire, de rentrer dans des épiceries locales. ‘‘La bonne bouffe » ne doit pas faire de distinction sociale. L’autosuffisance alimentaire de Poitiers est un projet ouvert sur le monde pour toutes et tous !

Nous terminerons par une dernière idée : les circuits courts sont souvent pensés comme ne concernant que les produits agricoles mais on peut étendre cette idée à d’autres secteurs, notamment aux activités culturelles.

Les élu·e·s Osons Poitiers se sont abstenu·e·s sur cette délibération.

En vidéo : conseil Grand Poitiers du 28 juin, intervention de J.ARFEUILLÈRE sur la politique agricole et alimentairehttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/07/Intervention-J.Arfeuillère-sur-la-politique-agricole-et-alimentaire-1024x660.pnghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/07/Intervention-J.Arfeuillère-sur-la-politique-agricole-et-alimentaire-150x150.png SecretariatOzons Conseil communautaire
https://youtu.be/nwvDYJYUBNs Délibération n°79 (2019-0412) : Conception et mise en œuvre d'une politique agricole et alimentaire Nous partageons le constat, nous partageons l'objectif de mettre au cœur du projet l'alimentation. Les directions sont données, reste à savoir comment on y va, avec quels moyens, selon quel calendrier.  En ce qui nous concerne,...
https://youtu.be/nwvDYJYUBNs <p style="text-align: justify;"><strong><a href="https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/07/Délibération-n°79_Conseil-GP-du-28-juin-2019.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Délibération n°79 (2019-0412) : Conception et mise en œuvre d'une politique agricole et alimentaire</a></strong></p> <p style="text-align: justify;">Nous partageons le constat, nous partageons l'objectif de mettre au cœur du projet l'alimentation. Les directions sont données, reste à savoir comment on y va, avec quels moyens, selon quel calendrier.  En ce qui nous concerne, pour nous, c'est plus vite et plus loin. Les objectifs de la loi ne nous suffisent pas (50% vertueux d'ici 2022 dont 20% de bio). Les enjeux sont la santé, le climat, le développement économique : il faut affronter tout cela avec de l'ambition, gommer les « notamment » issu de l'agriculture biologique, en affirmant clairement l’intention du bio, dépasser donc les 20 % ; qualifier davantage quel élevage on soutient, quels aménagements on refuse (comme les bassines qui sont complètement contradictoires avec  les intentions affichées dans ce plan). Affirmons clairement aussi notre volonté de lutter contre l'artificialisation des sols et irriguons notre politique de cette volonté en n’imaginant pas des zones industrielles démesurées, en ne soutenant pas des projets routiers sur les terres agricoles, en décidant de monter le solaire sur les toits, les sols déjà artificialisés, par exemple. Les collectivités territoriales, par leur taille et leur pouvoir d’achat, représentent un marché final incitatif fondamental. Nous sommes un levier puissant, utilisons-le ! Au bout de cette ambition, il y a un gisement d'emploi important, une contribution à notre lutte contre le dérèglement climatique et pour la santé.</p> <p style="text-align: justify;">Nous travaillons à ces questions et vous proposons de faire votre marché dans nos propositions. Nous disons oui à la veille foncière, bien sûr, la clé est dans la terre. Mais, n'hésitons pas à imaginer aussi la municipalisation de certaines terres par achat ou préemption pour les louer aux paysan·ne·s et producteurs et productrices qui s’engagent dans un projet. Les citoyen·ne·s organisé·e·s en association (comme Terre de Liens) peuvent également acheter des terres dédiées à des cultures. Profitons du PLUi (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal) pour organiser l’extension des terres agricoles y compris sur la commune de Poitiers. Et certaines communes possèdent des terres non utilisées qu'on peut dédier au maraîchage : on ne peut se contenter indéfiniment de l'exemple-test de Malaguet. Il faut le multiplier.</p> <p style="text-align: justify;">Consacrons des ressources humaines au projet pour ne pas se contenter de jolis mots et créons des ETP d'« animateurs et animatrices formé·e·s aux circuits courts et à l’autonomie alimentaire. Pour travailler en lien avec les maisons de quartier, les écoles, les habitant·e·s. Engageons un plan de formation pour les agent·e·s territoriaux·ales. Sollicitons les habitant·e·s pour développer et favoriser l’invasion végétale de la ville (rue, jardins, rond-point…), pour la culture maraîchère ou florale, pour rafraîchir les villes trop minéralisées.</p> <p style="text-align: justify;">Pour installer l'activité, pensons des aides communautaires à l’installation de maraîchers avec des partenaires comme InPACT, Terre de Liens, l’AFIPART en créant un poste de médiateur/médiatrice d’installation agricole en circuit court et autonomie alimentaire pour Grand Poitiers qui sera chargé·e du suivi des projets d’installation du début à la fin. Créons une aide de la Communauté Urbaine à la mutualisation des outils, des gros engins et engins saisonniers notamment par des CUMA (Coopérative d'Utilisation de Matériel Agricole). Pensons à favoriser le bio en aidant à la prise en charge du coût d’un label bio, exigeant comme par exemple « Nature et Progrès », biodynamie. Luttons contre le modèle des 2 000 porcs de Charroux et de la bio intensive et favorisons la mise en place d'ateliers de transformation ; pensons à la solution des abattoirs itinérants...</p> <p style="text-align: justify;">Enfin, pensons la distribution des marchandises : des outils numériques existent déjà dans les départements de la Vienne et des Deux-Sèvres. L’outil numérique peut servir à mettre en relation la demande et l’offre. Mutualisons !</p> <p style="text-align: justify;">Appuyons-nous sur le développement de la monnaie locale complémentaire qui renforce le circuit court.</p> <p style="text-align: justify;">Et n'oublions pas que cette politique alimentaire doit être au service de tous et de toutes : étudions notamment la possibilité d'aide alimentaire pour les familles les plus précaires permettant de rencontrer les producteurs et les productrices du territoire, de rentrer dans des épiceries locales. ‘‘La bonne bouffe'' ne doit pas faire de distinction sociale. L'autosuffisance alimentaire de Poitiers est un projet ouvert sur le monde pour toutes et tous !</p> <p style="text-align: justify;">Nous terminerons par une dernière idée : les circuits courts sont souvent pensés comme ne concernant que les produits agricoles mais on peut étendre cette idée à d’autres secteurs, notamment aux activités culturelles.</p> <em>Les élu·e·s Osons Poitiers se sont abstenu·e·s sur cette délibération.</em>