Délibération n°5 (2020-0128) : Mise en œuvre du dispositif Sport-Santé-Culture-Civisme (2S2C)

Je ne serai pas consensuel, une nouvelle fois. Et ce sera la dernière dans le cadre du conseil municipal. Ce dispositif est de bonne volonté quand on le décrit, ses directions sont bonnes puisqu’il s’agit d »éducation aux arts, de pratique sportive et de culture. Mais je voudrais une dernière fois qu’on élargisse le cadre : à filmer toutes les scènes de notre politique en gros plan, le nez sur la décision, on ne voit souvent que la dernière pièce du puzzle. Et ce que ce puzzle représente ne nous plaît pas. Quand j’élargis le cadre, je vois que ce dispositif est en lieu et place de la pratique sportive, de l’éducation artistique à l’école, échappe à la responsabilité de l’enseignant. Que devient alors la pratique pédagogique de ce dernier à qui échappe ainsi une bonne part de ce qui en construit la cohérence et la dynamique ?  Quand j’élargis le cadre, je me souviens que ce dispositif n’est pas né de la menace pandémique et de l’insuffisance d’accueil à l’école après le confinement : il existait dans les plans du ministre qui n’oublie pas son objectif de resserrement du champ de l’enseignement,  de transfert de la charge vers les collectivités, et n’hésite pas à attaquer, ce faisant la garantie d’égalité par l’école républicaine. Le monde enseignant, vous le savez, s’émeut de ce dispositif et pose la question de ce qu’il sème pour l’après, pour cette rentrée de septembre qui pourrait bien ébranler une nouvelle fois la notion d’Éducation Nationale.

Nous nous opposerons donc, une dernière fois, sur cette délibération par notre vote et par nos mots.

Et, à ce sujet, j’ajouterais encore deux mots. Nous avions choisi le silence au moment du premier dernier conseil municipal. Pour ce second dernier, qui cette fois, devrait être le dernier dernier, je voudrais moi aussi me donner l’occasion d’un mini bilan qui doit pouvoir tenir en quelques phrases.

Je n’aurai donc connu ici que le mandat d’opposition. Ce n’est pas le plus gratifiant. Ce n’est pas le plus facile, contrairement à ce que beaucoup pensent : tous les sujets, peu de moyens, beaucoup de travail pour ne pas être spectateur, peu de chance de voir ses propositions suivies d’effet.

Mais je voudrais répondre à celles et ceux qui confondent encore aujourd’hui notre rôle d’opposant avec ce qu’ils ou elles appellent « une attitude d’opposition », qualifiée de  systématique quand la caricature ne les fait pas reculer. Nous avons ici défendu un projet et nous nous sommes opposés au vôtre quand il se montrait contradictoire, quand il ralentissait les solutions que nous voyons, quand il détournait de ce qui est pour nous l’essentiel. Quand on fait un diagnostic et qu’on le croit exact, on ne fait pas une synthèse des remèdes proposés par tous ceux qui ont posé le leur, on choisit le remède qui correspond.

Ce que je veux dire, c’est qu’il n’est plus temps de suivre celles et ceux qui proposent de co-construire pas à pas des solutions consensuelles. Les crises sont là, cosubstantielles de la crise sanitaire, les réponses sont urgentes. Elles dépendent de choix tranchés et courageux qui modifient les modes de vie, de production et de consommation, qui vont à la racine du mal. Elles ont besoin de solutions radicales au sens étymologique du terme. Nous avons défendu, tout au long de ce mandat, un projet radical, nous l’avons proposé aux électeurs, avons convaincu quasiment 10% d’entre eux, pas assez pour vous retrouver ici, assez pour demander à celles et ceux qui resteront de travailler en pleine clarté, sans se cacher derrière les mots, sans agiter les leurres sémantiques qui nous détournent du réel : quand le mot « bienveillance » transforme le débat politique en veillée scoute, quand les expressions « développement durable », « capitalisme vert » nous font croire qu’on peut préserver l’écosystème sans toucher à la croissance, quand l’expression « transition écologique » nous donne à penser qu’on a le temps, on euphémise un réel qui ne tardera plus à rappeler dramatiquement son évidence.

Nous avons tâché de parler vrai ici, nous continuerons bien sûr à parler ailleurs. Nous souhaitons à toutes et à tous un débat sans faux-fuyant qui n’a pas peur de dire non pour rappeler que des choix existent encore.

Dernière intervention d’Osons Poitiers aux conseils de juin 2020https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/07/Intervention-J.Arfeuillère-sur-la-politique-agricole-et-alimentaire-1024x660.pnghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/07/Intervention-J.Arfeuillère-sur-la-politique-agricole-et-alimentaire-150x150.png SecretariatOzons ActualitésConseil municipal
Délibération n°5 (2020-0128) : Mise en œuvre du dispositif Sport-Santé-Culture-Civisme (2S2C) Je ne serai pas consensuel, une nouvelle fois. Et ce sera la dernière dans le cadre du conseil municipal. Ce dispositif est de bonne volonté quand on le décrit, ses directions sont bonnes puisqu'il s'agit d''éducation aux arts, de...
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2020/06/Délibération-n°5_2020-0128_2S2C_CM-du-8-juin-2020.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">Délibération n°5 (2020-0128) : Mise en œuvre du dispositif Sport-Santé-Culture-Civisme (2S2C)</a></strong></p> <p style="text-align: justify;">Je ne serai pas consensuel, une nouvelle fois. Et ce sera la dernière dans le cadre du conseil municipal. Ce dispositif est de bonne volonté quand on le décrit, ses directions sont bonnes puisqu'il s'agit d''éducation aux arts, de pratique sportive et de culture. Mais je voudrais une dernière fois qu'on élargisse le cadre : à filmer toutes les scènes de notre politique en gros plan, le nez sur la décision, on ne voit souvent que la dernière pièce du puzzle. Et ce que ce puzzle représente ne nous plaît pas. Quand j’élargis le cadre, je vois que ce dispositif est en lieu et place de la pratique sportive, de l'éducation artistique à l'école, échappe à la responsabilité de l'enseignant. Que devient alors la pratique pédagogique de ce dernier à qui échappe ainsi une bonne part de ce qui en construit la cohérence et la dynamique ?  Quand j'élargis le cadre, je me souviens que ce dispositif n'est pas né de la menace pandémique et de l'insuffisance d'accueil à l'école après le confinement : il existait dans les plans du ministre qui n'oublie pas son objectif de resserrement du champ de l'enseignement,  de transfert de la charge vers les collectivités, et n'hésite pas à attaquer, ce faisant la garantie d'égalité par l'école républicaine. Le monde enseignant, vous le savez, s'émeut de ce dispositif et pose la question de ce qu'il sème pour l'après, pour cette rentrée de septembre qui pourrait bien ébranler une nouvelle fois la notion d’Éducation Nationale.</p> <p style="text-align: justify;">Nous nous opposerons donc, une dernière fois, sur cette délibération par notre vote et par nos mots.</p> <p style="text-align: justify;">Et, à ce sujet, j'ajouterais encore deux mots. Nous avions choisi le silence au moment du premier dernier conseil municipal. Pour ce second dernier, qui cette fois, devrait être le dernier dernier, je voudrais moi aussi me donner l'occasion d'un mini bilan qui doit pouvoir tenir en quelques phrases.</p> <p style="text-align: justify;">Je n'aurai donc connu ici que le mandat d'opposition. Ce n'est pas le plus gratifiant. Ce n'est pas le plus facile, contrairement à ce que beaucoup pensent : tous les sujets, peu de moyens, beaucoup de travail pour ne pas être spectateur, peu de chance de voir ses propositions suivies d'effet.</p> <p style="text-align: justify;">Mais je voudrais répondre à celles et ceux qui confondent encore aujourd'hui notre rôle d'opposant avec ce qu'ils ou elles appellent « une attitude d’opposition », qualifiée de  systématique quand la caricature ne les fait pas reculer. Nous avons ici défendu un projet et nous nous sommes opposés au vôtre quand il se montrait contradictoire, quand il ralentissait les solutions que nous voyons, quand il détournait de ce qui est pour nous l'essentiel. Quand on fait un diagnostic et qu'on le croit exact, on ne fait pas une synthèse des remèdes proposés par tous ceux qui ont posé le leur, on choisit le remède qui correspond.</p> <p style="text-align: justify;">Ce que je veux dire, c'est qu'il n'est plus temps de suivre celles et ceux qui proposent de co-construire pas à pas des solutions consensuelles. Les crises sont là, cosubstantielles de la crise sanitaire, les réponses sont urgentes. Elles dépendent de choix tranchés et courageux qui modifient les modes de vie, de production et de consommation, qui vont à la racine du mal. Elles ont besoin de solutions radicales au sens étymologique du terme. Nous avons défendu, tout au long de ce mandat, un projet radical, nous l'avons proposé aux électeurs, avons convaincu quasiment 10% d'entre eux, pas assez pour vous retrouver ici, assez pour demander à celles et ceux qui resteront de travailler en pleine clarté, sans se cacher derrière les mots, sans agiter les leurres sémantiques qui nous détournent du réel : quand le mot « bienveillance » transforme le débat politique en veillée scoute, quand les expressions « développement durable », « capitalisme vert » nous font croire qu'on peut préserver l'écosystème sans toucher à la croissance, quand l'expression « transition écologique » nous donne à penser qu'on a le temps, on euphémise un réel qui ne tardera plus à rappeler dramatiquement son évidence.</p> <p style="text-align: justify;">Nous avons tâché de parler vrai ici, nous continuerons bien sûr à parler ailleurs. Nous souhaitons à toutes et à tous un débat sans faux-fuyant qui n'a pas peur de dire non pour rappeler que des choix existent encore.</p>