Ci-dessous, les interventions de Manon LABAYE et Jacques ARFEUILLÈRE sur la vidéosurveillance, la participation de la Ville de Poitiers aux dépenses de fonctionnement des écoles privées et sur la Taxe Locale de Publicité Extérieure (TLPE) lors du conseil municipal du 24 juin 2019 :

Intervention de Manon LABAYE sur la délibération n°71 (2019-0085) : Proposition de participation financière au projet de vidéoprotection du centre commercial des Trois Cités.

La vidéosurveillance, rebaptisée « vidéoprotection », est présentée comme un moyen de lutter contre la délinquance qui, selon certains, envahirait nos rues. Cependant comme le montre le sociologue Laurent Mucchielli, la vidéosurveillance n’est pas très efficace : « Peu de faits de délinquance entraînant une intervention policière et une interpellation sont détectés en temps réel. C’est rarissime mais, en revanche, très médiatisé quand c’est le cas, ce qui donne une impression d’efficacité ».

Mettre des caméras revient à déplacer le problème ailleurs dans la ville. C’est du gaspillage d’argent public surtout comme ici où il s’agit d’installer des caméras dans un lieu privé. Comme le disait Albert Camus « Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout. »

Les élu·e·s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.

Intervention de Manon LABAYE sur la délibération n°57 (2019-0171) : Participation de la Ville de Poitiers aux dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat d’association – versement complémentaire pour l’année 2019.

Lors du précédent conseil municipal, nous étions intervenus pour nous opposer au financement des écoles privées par la municipalité mais nous avions aussi profité de la délibération pour évoquer notre inquiétude concernant la loi Blanquer et la scolarisation obligatoire des enfants dès 3 ans.

En effet, avec cette mesure, les municipalités devront subventionner les écoles maternelles privées alors que jusqu’à maintenant seules les écoles primaires étaient subventionnées.

Visiblement notre inquiétude était justifiée puisque nous avons appris il y a quelques jours dans la presse, que cette mesure coûterait à la Ville de Poitiers 270 000 euros (en plus des subventions déjà versées).

Dans cet article, la majorité s’inquiète également comme en témoigne les propos de Laurence Vallois-Rouet : « nous n’avons pas de budget extensible, cela veut dire des projets en moins pour les écoles publiques ».

Délaisser l’école publique au profit du privé, c’est exactement ce dont nous ne voulons pas. Le budget éducation de la Ville devrait être consacré à 100% aux écoles publiques pour que les conditions de travail et d’apprentissage soit les meilleures possibles. Notre vision de l’école et de ses buts correspond à notre projet d’une autre société, basée sur l’égalité, la justice et l’émancipation de tout.e.s.

Les élu·e·s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.

Intervention de Jacques ARFEUILLÈRE sur la délibération n°36 (2019-0110) : Taxe Locale sur la Publicité Extérieure (TLPE) – modalités d’application et tarification à compter du 1er janvier 2020.

« Ma position là-dessus et en particulier sur la publicité numérique : il faut être plus cher. Je crois qu’il faut que nous y réfléchissions l’année prochaine. Ce n’est pas qu’un sujet visuel. Il y a une dangerosité possible et je souhaite que l’année prochaine nous réfléchissions sur la publicité numérique ».

Ce n’est pas moi qui parle, ni même Christiane, c’est vous Monsieur le Maire, l’an dernier, en juin. Et lorsqu’on regarde les tarifs proposés cette année nous avons bien une augmentation mais il s’agit de celle qui est fixée par la loi et qui est égale au taux de croissance de l’indice des prix à la consommation. C’est donc bien un aveu d’impuissance que cette délibération qui entérine le fait que même conscient de la dangerosité de certains dispositifs, même ayant l’intention politique de limiter la prolifération de la publicité, vous n’ayez rien pu faire changer d’une année sur l’autre. Peut-être faudrait-il désormais franchir le pas et ne pas se contenter de dissuader par les tarifs : pour nous, les panneaux numériques doivent être enlevés, et l’affichage doit être considérablement réduit. Nous sommes vous le savez à la croisée des chemins qui mène à une société prenant en compte la crise climatique. Le chemin que nous devons suivre passe par un changement des modes de consommation et, donc, de production. La publicité envahissante, qui vient chercher le citoyen, perturbe son jugement et ses représentations, a vécu. L’heure est à développer l’information citoyenne, à réhabiliter le dialogue, pas à abrutir et à conditionner.

Rappelons juste quelques faits à celles et ceux qui pourraient penser que cette position est extrême et qu’il n’y a pas péril en la demeure : la pollution mentale atteint tout le monde ; nous recevons 1 200 à 2 000 messages publicitaires par jour. C’est bien d’une invasion mentale qu’il s’agit, qui s’infiltre par tous les canaux qui mènent à nos esprits, par l’écran, le panneau urbain, le smartphone, la radio. Même quand j’achète une plaque minéralogique, je dois payer plus cher si je la veux sans pub ! Et malgré les études qui montrent que la publicité favorise les préjugés et amenuise la sensibilité à l’environnement, nous ne faisons pas le lien entre les valeurs que nous défendons et notre volonté de lutter contre cette pollution. Pour ce qui est des dispositifs publicitaires lumineux, ils émettent 10 fois plus de CO² qu’une affiche collée et chacun d’entre eux pèse autant en consommation d’électricité qu’une famille de 4 personnes. Je ne parle pas d’énergie grise consommée pour les construire. Nous attendons que des décisions soient prises en ce domaine et votons contre bien sûr ces tarifs qui ne résolvent en rien ce que nous attendons.

Les élu·e·s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.

Conseil municipal du 24/06 : Vidéosurveillance, financement public des écoles privées et publicitéhttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/06/Conseil-municipal-du-24-juin-2019-1024x768.jpghttps://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/06/Conseil-municipal-du-24-juin-2019-150x150.jpg SecretariatOzons ActualitésConseil municipal
Ci-dessous, les interventions de Manon LABAYE et Jacques ARFEUILLÈRE sur la vidéosurveillance, la participation de la Ville de Poitiers aux dépenses de fonctionnement des écoles privées et sur la Taxe Locale de Publicité Extérieure (TLPE) lors du conseil municipal du 24 juin 2019 : Intervention de Manon LABAYE sur la...
<p style="text-align: justify;">Ci-dessous, les interventions de Manon LABAYE et Jacques ARFEUILLÈRE sur la vidéosurveillance, la participation de la Ville de Poitiers aux dépenses de fonctionnement des écoles privées et sur la Taxe Locale de Publicité Extérieure (TLPE) lors du conseil municipal du 24 juin 2019 :</p> <p style="text-align: justify;"><strong>Intervention de Manon LABAYE sur la <a href="https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/06/Délibération-n°71_CM-24.06.2019.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">délibération n°71 (2019-0085) : Proposition de participation financière au projet de vidéoprotection du centre commercial des Trois Cités.</a> </strong></p> <p style="text-align: justify;">La vidéosurveillance, rebaptisée « vidéoprotection », est présentée comme un moyen de lutter contre la délinquance qui, selon certains, envahirait nos rues. Cependant comme le montre le sociologue Laurent Mucchielli, la vidéosurveillance n’est pas très efficace : « Peu de faits de délinquance entraînant une intervention policière et une interpellation sont détectés en temps réel. C'est rarissime mais, en revanche, très médiatisé quand c'est le cas, ce qui donne une impression d'efficacité ».</p> <p style="text-align: justify;">Mettre des caméras revient à déplacer le problème ailleurs dans la ville. C’est du gaspillage d’argent public surtout comme ici où il s’agit d’installer des caméras dans un lieu privé. Comme le disait Albert Camus "Si l'homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout."</p> <em>Les élu·e·s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.</em> <p style="text-align: justify;"><strong>Intervention de Manon LABAYE sur la <a href="https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/06/Délibération-n°57_CM-24.06.2019.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">délibération n°57 (2019-0171) : Participation de la Ville de Poitiers aux dépenses de fonctionnement des écoles privées sous contrat d'association - versement complémentaire pour l'année 2019.</a> </strong></p> <p style="text-align: justify;">Lors du précédent conseil municipal, nous étions intervenus pour nous opposer au financement des écoles privées par la municipalité mais nous avions aussi profité de la délibération pour évoquer notre inquiétude concernant la loi Blanquer et la scolarisation obligatoire des enfants dès 3 ans.</p> <p style="text-align: justify;">En effet, avec cette mesure, les municipalités devront subventionner les écoles maternelles privées alors que jusqu’à maintenant seules les écoles primaires étaient subventionnées.</p> <p style="text-align: justify;">Visiblement notre inquiétude était justifiée puisque nous avons appris il y a quelques jours dans la presse, que cette mesure coûterait à la Ville de Poitiers 270 000 euros (en plus des subventions déjà versées).</p> <p style="text-align: justify;">Dans cet article, la majorité s’inquiète également comme en témoigne les propos de Laurence Vallois-Rouet : « nous n'avons pas de budget extensible, cela veut dire des projets en moins pour les écoles publiques ».</p> <p style="text-align: justify;">Délaisser l’école publique au profit du privé, c’est exactement ce dont nous ne voulons pas. Le budget éducation de la Ville devrait être consacré à 100% aux écoles publiques pour que les conditions de travail et d’apprentissage soit les meilleures possibles. Notre vision de l’école et de ses buts correspond à notre projet d’une autre société, basée sur l’égalité, la justice et l’émancipation de tout.e.s.</p> <p style="text-align: justify;"><em>Les élu·e·s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.</em></p> <p style="text-align: justify;"><strong>Intervention de Jacques ARFEUILLÈRE sur la <a href="https://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2019/06/Délibération-n°36_CM-24.06.2019.pdf" target="_blank" rel="noopener noreferrer">délibération n°36 (2019-0110) : Taxe Locale sur la Publicité Extérieure (TLPE) - modalités d'application et tarification à compter du 1er janvier 2020.</a> </strong></p> <p style="text-align: justify;"><em>« Ma position là-dessus et en particulier sur la publicité numérique : il faut être plus cher. Je crois qu’il faut que nous y réfléchissions l’année prochaine. Ce n’est pas qu’un sujet visuel. Il y a une dangerosité possible et je souhaite que l’année prochaine nous réfléchissions sur la publicité numérique »</em>.</p> <p style="text-align: justify;">Ce n'est pas moi qui parle, ni même Christiane, c'est vous Monsieur le Maire, l'an dernier, en juin. Et lorsqu'on regarde les tarifs proposés cette année nous avons bien une augmentation mais il s’agit de celle qui est fixée par la loi et qui est égale au taux de croissance de l'indice des prix à la consommation. C'est donc bien un aveu d'impuissance que cette délibération qui entérine le fait que même conscient de la dangerosité de certains dispositifs, même ayant l'intention politique de limiter la prolifération de la publicité, vous n'ayez rien pu faire changer d'une année sur l'autre. Peut-être faudrait-il désormais franchir le pas et ne pas se contenter de dissuader par les tarifs : pour nous, les panneaux numériques doivent être enlevés, et l’affichage doit être considérablement réduit. Nous sommes vous le savez à la croisée des chemins qui mène à une société prenant en compte la crise climatique. Le chemin que nous devons suivre passe par un changement des modes de consommation et, donc, de production. La publicité envahissante, qui vient chercher le citoyen, perturbe son jugement et ses représentations, a vécu. L'heure est à développer l'information citoyenne, à réhabiliter le dialogue, pas à abrutir et à conditionner.</p> <p style="text-align: justify;">Rappelons juste quelques faits à celles et ceux qui pourraient penser que cette position est extrême et qu'il n'y a pas péril en la demeure : la pollution mentale atteint tout le monde ; nous recevons 1 200 à 2 000 messages publicitaires par jour. C'est bien d'une invasion mentale qu'il s'agit, qui s'infiltre par tous les canaux qui mènent à nos esprits, par l'écran, le panneau urbain, le smartphone, la radio. Même quand j'achète une plaque minéralogique, je dois payer plus cher si je la veux sans pub ! Et malgré les études qui montrent que la publicité favorise les préjugés et amenuise la sensibilité à l’environnement, nous ne faisons pas le lien entre les valeurs que nous défendons et notre volonté de lutter contre cette pollution. Pour ce qui est des dispositifs publicitaires lumineux, ils émettent 10 fois plus de CO² qu’une affiche collée et chacun d'entre eux pèse autant en consommation d'électricité qu'une famille de 4 personnes. Je ne parle pas d'énergie grise consommée pour les construire. Nous attendons que des décisions soient prises en ce domaine et votons contre bien sûr ces tarifs qui ne résolvent en rien ce que nous attendons.</p> <p style="text-align: justify;"><em>Les élu·e·s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.</em></p>