Délibération n°2 (2017-0068) : Rapport sur la situation en matière de développement durable en 2016 sur Grand Poitiers

Je suis déjà intervenu l’an dernier pour dire que ce rapport n’est pas à sa place puisqu’il doit être examiné normalement en amont du débat d’orientations budgétaires et c’est à cet endroit qu’il a sa place puisqu’une grande part de la politique suivie par la communauté est inspirée par l’engagement qui préside à la démarche agenda 21 et même si Grand Poitiers n’a pas été labellisé du fait de l’insuffisance de la démarche sur l’axe de la participation citoyenne. Il suffit de regarder l’entête de la plupart des délibérations votées pour vérifier que c’est bien cette démarche qui doit inspirer la plupart de nos choix.

Je regrette donc à nouveau qu’il ne soit pas l’occasion d’un véritable échange. 5 minutes l’an dernier en commission, et rien cette année puisqu’il n’y a pas eu de commission. C’est pour nous un véritable manque : se pencher sérieusement sur les indicateurs présentés pour évaluer la pertinence et l’efficacité de notre programme d’actions est un minimum avant de définir les actions à venir. Et ceci est d’autant plus mal ressenti que nous ne faisons pas partie de la commission intercommunale qui pilote l’ensemble et, de ce fait, du Conseil de Développement Responsable.

J’ajouterais cette année, cependant, que ce qui a été pensé dans le cadre de l’agenda 21, il va falloir le travailler à l’échelle désormais de la nouvelle communauté si on ne veut pas que la communauté urbaine ne soit là que pour se mettre au service de l’ancien Grand Poitiers et si on veut vraiment dégager une vision à l’échelle du territoire. Je prendrais seulement l’exemple de l’analyse des besoins sociaux à l’échelle intercommunale : nous regrettons que celle-ci qui ne date (à l’échelle communale puis intercommunale) que de 2015, compte-tenu de l’intérêt qu’elle présente, n’ait jamais été présentée en commission pour aider tous les élus à penser les solidarités sur le territoire. Il faut que cette analyse passe à l’échelle supérieure comme le rapport souligne qu’il est nécessaire de le faire sur l’axe petite enfance et jeunesse.

Pour le reste, je ne me contenterai que de quelques remarques au fil de la lecture.

Finalité B : on y affirme la volonté de favoriser la participation citoyenne. Ça rejoint notre façon de voir, nous qui pensons que l’on ne doit pas se contenter de commander des études (on préfère souvent partir des propositions, des analyses et des remarques des citoyens eux-mêmes) et  si on fait des études, il faut les publier, en faire des bases de discussions et penser la mise en œuvre avec les citoyens.

Sur cet axe, on affirme également le rôle prépondérant du Conseil de Développement Responsable. C’est une bonne chose, mais quelles ont été les traductions concrètes en termes d’action de leurs travaux ? Par exemple du travail sur la mobilité douce : qu’a-t-on fait de la carte numérique produite, est-il prévu de poursuivre ces travaux à l’échelle supérieure ?

Et puisque je suis sur cette finalité, je ferai encore deux remarques : sur le plan de protection de l’atmosphère, nous regrettons que l’on se soit précipité avant l’élargissement, qu’il n’y ait que des préconisations, que ce ne soit pas traduit suffisamment en termes d’actions. Par exemple, envisage-t-on la gratuité des transports en commun en cas de pics de pollution ? Va-t-on mettre en place une information par le biais des panneaux d’informations quand un pic se produit ? Toujours sur cet enjeu d’un environnement respectueux de la santé, j’aimerais savoir comment on peut par exemple autoriser l’implantation d’une nouvelle antenne de téléphonie, rue de la Vincenderie, sans même que les riverains en soient informés ?  C’est contradictoire avec la volonté affichée de favoriser la participation citoyenne qui peut permettre dans des cas comme celui-ci d’accompagner au mieux une nouvelle installation.

Je ne balaierai pas toutes les finalités et je le regrette, il faudrait que nous puissions le faire un jour, tranquillement avec vous, en commission. Je me contenterai d’émettre des vœux pour conclure : l’engagement Agenda 21 doit inspirer, on le voit, bien davantage les décisions prises dans cette enceinte : quand on met en œuvre la Zone Aliénor d’Aquitaine, on ne doit pas balayer trop facilement la surface de terres agricole à laquelle on renonce : c’est de la production alimentaire locale qui part et adhérer à une démarche interrégionale (FRUGAL) ne suffit pas à mettre en œuvre la stratégie alimentaire territorialisée que l’on met en vitrine. Quand on met en œuvre de nouvelles zones commerciales, encourageant le développement des grandes surfaces, on doit penser aussi que ce mode de distribution producteur d’emballages contredit notre effort à réduire le déchet. Et on peut dans le même temps réfléchir sérieusement à passer à la redevance à la place de la taxe pour l’enlèvement des ordures ménagères en affichant notre volonté d’encourager à la réduction des déchets. Enfin, puisqu’on ne peut parler de tout, on le redit, quand on restructure le réseau de transport, on  dépasse la simple ambition d’une optimisation pour répondre véritablement au défi de santé publique lié à la qualité de l’air.

Les élu(e)s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.

Intervention de Jacques Arfeuillère sur le rapport de développement durable de Grand Poitiers (17/02/2017)http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/02/Intervention-J.Arfeuillère-sur-le-rapport-de-développement-durable-Grand-Poitiers-1024x649.jpghttp://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/02/Intervention-J.Arfeuillère-sur-le-rapport-de-développement-durable-Grand-Poitiers-150x150.jpg SecretariatOzons Conseil communautaire
Délibération n°2 (2017-0068) : Rapport sur la situation en matière de développement durable en 2016 sur Grand Poitiers Je suis déjà intervenu l’an dernier pour dire que ce rapport n'est pas à sa place puisqu'il doit être examiné normalement en amont du débat d’orientations budgétaires et c'est à cet endroit...
<p style="text-align: justify;"><strong><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/02/Délibération-n°2_Rapport-DD-GP.pdf" target="_blank">Délibération n°2 (2017-0068) : Rapport sur la situation en matière de développement durable en 2016 sur Grand Poitiers</a></strong></p> <p style="text-align: justify;">Je suis déjà intervenu l’an dernier pour dire que ce rapport n'est pas à sa place puisqu'il doit être examiné normalement en amont du débat d’orientations budgétaires et c'est à cet endroit qu'il a sa place puisqu’une grande part de la politique suivie par la communauté est inspirée par l’engagement qui préside à la démarche agenda 21 et même si Grand Poitiers n’a pas été labellisé du fait de l’insuffisance de la démarche sur l’axe de la participation citoyenne. Il suffit de regarder l’entête de la plupart des délibérations votées pour vérifier que c'est bien cette démarche qui doit inspirer la plupart de nos choix.</p> <p style="text-align: justify;">Je regrette donc à nouveau qu’il ne soit pas l’occasion d’un véritable échange. 5 minutes l'an dernier en commission, et rien cette année puisqu'il n’y a pas eu de commission. C’est pour nous un véritable manque : se pencher sérieusement sur les indicateurs présentés pour évaluer la pertinence et l'efficacité de notre programme d’actions est un minimum avant de définir les actions à venir. Et ceci est d’autant plus mal ressenti que nous ne faisons pas partie de la commission intercommunale qui pilote l’ensemble et, de ce fait, du Conseil de Développement Responsable.</p> <p style="text-align: justify;">J’ajouterais cette année, cependant, que ce qui a été pensé dans le cadre de l’agenda 21, il va falloir le travailler à l’échelle désormais de la nouvelle communauté si on ne veut pas que la communauté urbaine ne soit là que pour se mettre au service de l’ancien Grand Poitiers et si on veut vraiment dégager une vision à l’échelle du territoire. Je prendrais seulement l’exemple de l’analyse des besoins sociaux à l’échelle intercommunale : nous regrettons que celle-ci qui ne date (à l’échelle communale puis intercommunale) que de 2015, compte-tenu de l’intérêt qu’elle présente, n’ait jamais été présentée en commission pour aider tous les élus à penser les solidarités sur le territoire. Il faut que cette analyse passe à l’échelle supérieure comme le rapport souligne qu’il est nécessaire de le faire sur l’axe petite enfance et jeunesse.</p> <p style="text-align: justify;">Pour le reste, je ne me contenterai que de quelques remarques au fil de la lecture.</p> <p style="text-align: justify;">Finalité B : on y affirme la volonté de favoriser la participation citoyenne. Ça rejoint notre façon de voir, nous qui pensons que l’on ne doit pas se contenter de commander des études (on préfère souvent partir des propositions, des analyses et des remarques des citoyens eux-mêmes) et  si on fait des études, il faut les publier, en faire des bases de discussions et penser la mise en œuvre avec les citoyens.</p> <p style="text-align: justify;">Sur cet axe, on affirme également le rôle prépondérant du Conseil de Développement Responsable. C’est une bonne chose, mais quelles ont été les traductions concrètes en termes d’action de leurs travaux ? Par exemple du travail sur la mobilité douce : qu’a-t-on fait de la carte numérique produite, est-il prévu de poursuivre ces travaux à l’échelle supérieure ?</p> <p style="text-align: justify;">Et puisque je suis sur cette finalité, je ferai encore deux remarques : sur le plan de protection de l’atmosphère, nous regrettons que l’on se soit précipité avant l’élargissement, qu’il n’y ait que des préconisations, que ce ne soit pas traduit suffisamment en termes d’actions. Par exemple, envisage-t-on la gratuité des transports en commun en cas de pics de pollution ? Va-t-on mettre en place une information par le biais des panneaux d’informations quand un pic se produit ? Toujours sur cet enjeu d’un environnement respectueux de la santé, j’aimerais savoir comment on peut par exemple autoriser l’implantation d’une nouvelle antenne de téléphonie, rue de la Vincenderie, sans même que les riverains en soient informés ?  C’est contradictoire avec la volonté affichée de favoriser la participation citoyenne qui peut permettre dans des cas comme celui-ci d’accompagner au mieux une nouvelle installation.</p> <p style="text-align: justify;">Je ne balaierai pas toutes les finalités et je le regrette, il faudrait que nous puissions le faire un jour, tranquillement avec vous, en commission. Je me contenterai d’émettre des vœux pour conclure : l’engagement Agenda 21 doit inspirer, on le voit, bien davantage les décisions prises dans cette enceinte : quand on met en œuvre la Zone Aliénor d’Aquitaine, on ne doit pas balayer trop facilement la surface de terres agricole à laquelle on renonce : c’est de la production alimentaire locale qui part et adhérer à une démarche interrégionale (FRUGAL) ne suffit pas à mettre en œuvre la stratégie alimentaire territorialisée que l’on met en vitrine. Quand on met en œuvre de nouvelles zones commerciales, encourageant le développement des grandes surfaces, on doit penser aussi que ce mode de distribution producteur d’emballages contredit notre effort à réduire le déchet. Et on peut dans le même temps réfléchir sérieusement à passer à la redevance à la place de la taxe pour l’enlèvement des ordures ménagères en affichant notre volonté d’encourager à la réduction des déchets. Enfin, puisqu’on ne peut parler de tout, on le redit, quand on restructure le réseau de transport, on  dépasse la simple ambition d’une optimisation pour répondre véritablement au défi de santé publique lié à la qualité de l’air.</p> <p style="text-align: justify;"><em>Les élu(e)s Osons Poitiers ont voté contre cette délibération.</em></p>