Délibération n°49 (2017-0056) : Démarche de lutte contre les pollutions diffuses sur le bassin d’alimentation du captage de Fleury

Cette délibération ne nous informe pas suffisamment pour que nous la votions.

Nous ne savons pas ce que l’étude sur le programme d’action a conclu, nous ne savons pas quel organisme sera l’animateur du programme d’action.

Nous constatons que les programmes mis en place précédemment ont eu peu d’effets et nous pensons que les lobbys agricoles sont plus puissants que les responsables politiques devant maintenir une alimentation en eau potable saine.

Je vais reprendre ce que dis le Schéma Départemental de l’Eau (SDE) en janvier 2017 :

« La qualité de la ressource en eau est fragilisée.

L’état écologique de plus de 2/3 des cours d’eau du département est jugé insatisfaisant et 40 % des captages d’eau potable en nappes libres sont fragilisés par les pollutions diffuses de nitrates et de produits phytosanitaires.

S’ajoute une mauvaise fonctionnalité délicate des milieux aquatiques du fait d’anciens travaux hydrauliques, de la présence de nombreux ouvrages hydrauliques, de l’impact encore peu connu d’une multitude de plans d’eau et d’un développement fort d’espèces invasives.

Des besoins en eau et des usages supérieurs à la ressource.

Estimés à 185 millions de m³, les prélèvements d’eau sur le département sont conséquents (50 % pour la production d’énergie -Civaux, 30 % pour les usages agricoles et 20 % pour l’eau potable).

La consommation nette est estimée à 86 millions de m³ (50 % pour les usages agricoles, 40 % pour la production d’énergie et 10 % pour l’eau potable).

Les besoins en eau sont satisfaits pour l’eau potable et pour l’usage industriel (hors Civaux). Le soutien d’étiage de l’axe de la Vienne répond aux besoins de la centrale nucléaire de Civaux. Les besoins en eau pour l’usage agricole sont importants et de plus en plus contraints.

Cette pression quantitative forte, dans un contexte de sous-sol sédimentaire en grande partie, provoque des étiages et des assecs de certains cours d’eau. »

Depuis plusieurs années, les associations ont participé à l’élaboration du SDE et elles en approuvent les conclusions.

Les agriculteurs sont particulièrement concernés à l’ouest (Saint-Benoît et Lavausseau) et à l’est (Montamisé).  A l’ouest, des mesures contraignantes sont envisagées pouvant aller jusqu’à l’expropriation, sur toutes les surfaces des Aires d’Alimentation des Captages (AAC). Des programmes Re-Sources ont été initiés et une importante mobilisation des agriculteurs a vu le jour ces dernières années.  A l’est, les taux de nitrates sont au maximum des normes en vigueur, et des pointes en pesticides sont régulièrement constatées.

D’une manière générale, il y a un bras de fer avec l’ARS (Agence Régionale de Santé) pour faire baisser le taux de nitrates à 40 mg/Litre alors que l’Europe préconise 50 mg et que la FNSEA veut s’en tenir là. Mais le débat n’est pas clôt puisque les scientifiques préparent de nouvelles communications qui viseront à renforcer les normes et atteindre des taux de nitrates et de pesticides équivalents à zéro.

Sur les quantités, il y a une urgence, les services considèrent que le système ne pourra plus fonctionner après 2025, si rien n’est fait concernant les volumes prélevés pour l’irrigation sur toute l’année.

Un important programme de réserves de substitution est réclamé par les irrigants pour soulager la ressource à la fin de l’été, les « bassines », dont l’eau est exclusivement prélevée dans les nappes souterraines, mais selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), les économies d’eau réalisées ne devraient pas dépasser 10 % alors qu’il faudrait atteindre 40 voire 80 % d’économies sur toute l’année.

L’Assemblée Générale des irrigants s’est tenue dernièrement à Chauvigny. Alors que les représentants de l’ADIV (Association des Irrigants de la Vienne) sont conscients de la situation et des économies à faire, les adhérents appellent publiquement à se mettre hors-la-loi, c’est dire sur ce qui se passe en réalité sans bruit.

Selon le SDE (Schéma Départemental de l’Eau) :

« L’eau à Poitiers est issue du secteur du département appelé Centre Clain. Le territoire du Centre Clain est très concerné par les pollutions diffuses (nitrates et pesticides) et présente de ce fait l’enjeu sur la gestion des ressources en eau le plus important du département (plus de 20% des investissements de ce secteur).

Les ressources en eau de ce secteur à l’ouest présentent à la fois une vulnérabilité qualitative et quantitative, ce qui engendre des bilans besoins/ressources parfois déficitaires en périodes de pointe.

Ce secteur comprend l’agglomération de Poitiers et concentre les principaux besoins en eau avec des ressources vulnérables. 7 captages sont classées prioritaires par le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux).

L’enjeu est très important pour les captages de Fleury source et la prise d’eau de la Varenne qui représentent quasiment 40% des volumes exploités pour des ressources très vulnérables.

Sur pratiquement tout ce secteur, les masses d’eau superficielles sont en classe « médiocre » du point de vue de la teneur en nitrates. »

Notre inquiétude est partagée mais rien d’efficace ne se fait parce que les pouvoirs publics sont faibles vis-à-vis des lobbys.

Cette intervention n’a pas été prononcée dans son intégralité lors du conseil.

Le Président ayant répondu aux interrogations des élu(e)s lors du conseil, les élu(e)s Osons Poitiers ont voté pour cette délibération.

Intervention de C.Fraysse sur la lutte contre les pollutions du captage d’eau de Fleury (17/02/2017)http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/02/Intervention-C.Fraysse_Captage-Fleury_conseil-GP-1024x633.jpghttp://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/02/Intervention-C.Fraysse_Captage-Fleury_conseil-GP-150x150.jpg SecretariatOzons Conseil communautaire
Délibération n°49 (2017-0056) : Démarche de lutte contre les pollutions diffuses sur le bassin d'alimentation du captage de Fleury Cette délibération ne nous informe pas suffisamment pour que nous la votions. Nous ne savons pas ce que l’étude sur le programme d’action a conclu, nous ne savons pas quel organisme sera...
<strong><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/02/Délibération-n°49.pdf" target="_blank">Délibération n°49 (2017-0056) : Démarche de lutte contre les pollutions diffuses sur le bassin d'alimentation du captage de Fleury</a></strong> <p style="text-align: justify;">Cette délibération ne nous informe pas suffisamment pour que nous la votions.</p> <p style="text-align: justify;">Nous ne savons pas ce que l’étude sur le programme d’action a conclu, nous ne savons pas quel organisme sera l’animateur du programme d’action.</p> <p style="text-align: justify;">Nous constatons que les programmes mis en place précédemment ont eu peu d’effets et nous pensons que les lobbys agricoles sont plus puissants que les responsables politiques devant maintenir une alimentation en eau potable saine.</p> <p style="text-align: justify;">Je vais reprendre ce que dis le Schéma Départemental de l’Eau (SDE) en janvier 2017 :</p> <p style="text-align: justify;">« La qualité de la ressource en eau est fragilisée.</p> <p style="text-align: justify;">L’état écologique de plus de 2/3 des cours d’eau du département est jugé insatisfaisant et 40 % des captages d’eau potable en nappes libres sont fragilisés par les pollutions diffuses de nitrates et de produits phytosanitaires.</p> <p style="text-align: justify;">S’ajoute une mauvaise fonctionnalité délicate des milieux aquatiques du fait d’anciens travaux hydrauliques, de la présence de nombreux ouvrages hydrauliques, de l’impact encore peu connu d’une multitude de plans d’eau et d’un développement fort d’espèces invasives.</p> <p style="text-align: justify;">Des besoins en eau et des usages supérieurs à la ressource.</p> <p style="text-align: justify;">Estimés à 185 millions de m³, les prélèvements d’eau sur le département sont conséquents (50 % pour la production d’énergie -Civaux, 30 % pour les usages agricoles et 20 % pour l’eau potable).</p> <p style="text-align: justify;">La consommation nette est estimée à 86 millions de m³ (50 % pour les usages agricoles, 40 % pour la production d’énergie et 10 % pour l’eau potable).</p> <p style="text-align: justify;">Les besoins en eau sont satisfaits pour l’eau potable et pour l’usage industriel (hors Civaux). Le soutien d’étiage de l’axe de la Vienne répond aux besoins de la centrale nucléaire de Civaux. Les besoins en eau pour l’usage agricole sont importants et de plus en plus contraints.</p> <p style="text-align: justify;">Cette pression quantitative forte, dans un contexte de sous-sol sédimentaire en grande partie, provoque des étiages et des assecs de certains cours d’eau. »</p> <p style="text-align: justify;">Depuis plusieurs années, les associations ont participé à l’élaboration du SDE et elles en approuvent les conclusions.</p> <p style="text-align: justify;">Les agriculteurs sont particulièrement concernés à l'ouest (Saint-Benoît et Lavausseau) et à l'est (Montamisé).  A l'ouest, des mesures contraignantes sont envisagées pouvant aller jusqu'à l'expropriation, sur toutes les surfaces des Aires d'Alimentation des Captages (AAC). Des programmes Re-Sources ont été initiés et une importante mobilisation des agriculteurs a vu le jour ces dernières années.  A l'est, les taux de nitrates sont au maximum des normes en vigueur, et des pointes en pesticides sont régulièrement constatées.</p> <p style="text-align: justify;">D'une manière générale, il y a un bras de fer avec l'ARS (Agence Régionale de Santé) pour faire baisser le taux de nitrates à 40 mg/Litre alors que l'Europe préconise 50 mg et que la FNSEA veut s'en tenir là. Mais le débat n'est pas clôt puisque les scientifiques préparent de nouvelles communications qui viseront à renforcer les normes et atteindre des taux de nitrates et de pesticides équivalents à zéro.</p> <p style="text-align: justify;">Sur les quantités, il y a une urgence, les services considèrent que le système ne pourra plus fonctionner après 2025, si rien n'est fait concernant les volumes prélevés pour l'irrigation sur toute l'année.</p> <p style="text-align: justify;">Un important programme de réserves de substitution est réclamé par les irrigants pour soulager la ressource à la fin de l'été, les "bassines", dont l'eau est exclusivement prélevée dans les nappes souterraines, mais selon le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières), les économies d'eau réalisées ne devraient pas dépasser 10 % alors qu'il faudrait atteindre 40 voire 80 % d'économies sur toute l'année.</p> <p style="text-align: justify;">L'Assemblée Générale des irrigants s'est tenue dernièrement à Chauvigny. Alors que les représentants de l'ADIV (Association des Irrigants de la Vienne) sont conscients de la situation et des économies à faire, les adhérents appellent publiquement à se mettre hors-la-loi, c'est dire sur ce qui se passe en réalité sans bruit.</p> <p style="text-align: justify;">Selon le SDE (Schéma Départemental de l’Eau) :</p> <p style="text-align: justify;">« L'eau à Poitiers est issue du secteur du département appelé Centre Clain. Le territoire du Centre Clain est très concerné par les pollutions diffuses (nitrates et pesticides) et présente de ce fait l’enjeu sur la gestion des ressources en eau le plus important du département (plus de 20% des investissements de ce secteur).</p> <p style="text-align: justify;">Les ressources en eau de ce secteur à l’ouest présentent à la fois une vulnérabilité qualitative et quantitative, ce qui engendre des bilans besoins/ressources parfois déficitaires en périodes de pointe.</p> <p style="text-align: justify;">Ce secteur comprend l’agglomération de Poitiers et concentre les principaux besoins en eau avec des ressources vulnérables. 7 captages sont classées prioritaires par le SDAGE (Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux).</p> <p style="text-align: justify;">L’enjeu est très important pour les captages de Fleury source et la prise d’eau de la Varenne qui représentent quasiment 40% des volumes exploités pour des ressources très vulnérables.</p> <p style="text-align: justify;">Sur pratiquement tout ce secteur, les masses d’eau superficielles sont en classe « médiocre » du point de vue de la teneur en nitrates. »</p> <p style="text-align: justify;">Notre inquiétude est partagée mais rien d’efficace ne se fait parce que les pouvoirs publics sont faibles vis-à-vis des lobbys.</p> <p style="text-align: justify;"><em>Cette intervention n’a pas été prononcée dans son intégralité lors du conseil.</em></p> <p style="text-align: justify;"><em>Le Président ayant répondu aux interrogations des élu(e)s lors du conseil, les élu(e)s Osons Poitiers ont voté pour cette délibération.</em></p>