Avis d’enquête publique Parc Aliénor Aquitaine

Contribution du groupe Osons Poitiers Écologique, Sociale, Solidaire et Citoyenne à l’enquête publique sur la zone Aliénor d’Aquitaine.

Nous nous opposons au projet de zone République 4 pour de nombreuses raisons. Il ne s’agit pas tant de déceler des failles techniques ou réglementaires dans le dossier soumis à enquête publique, mais de contester le projet en termes d’impact global environnemental et social.

La procédure « Loi sur l’Eau » à laquelle est soumis le projet ne s’occupe que d’évaluer l’impact en termes de ruissellement ou infiltration des eaux, ou en termes d’impact faunistique ou floristique sur des espèces protégées. Du fait du bétonnage, le terrain n’infiltre plus et la compensation proposée consiste à stocker et infiltrer les eaux sur une zone réduite. Mais du reste, les terrains impactés ne sont vus que comme des champs servant à l’infiltration des eaux de pluies. Dans ce type de dossier, les surfaces impactées ne sont jamais vues comme des surfaces agricoles productives dont l’artificialisation réduit de plus en plus la souveraineté alimentaire des territoires.

Si les procédures « loi sur l’eau » prévoient que pour une zone humide détruite, une autre zone humide doit être créée par exemple, une terre agricole détruite n’est jamais remplacée. (Il se trouve par ailleurs que la méthode de compensation peut être contestable, car elle évite de se poser la question de réduire le problème à la source, et un milieu naturel ne se remplace pas si simplement). Et au-delà, l’impact social n’est jamais discuté, ni même le besoin de faire ce projet.

C’est donc aussi sur le fond que nous nous opposons à ce projet :

  • Cette zone d’activités se construit dans une logique de compétition entre les collectivités et sans que l’activité recherchée soit pensée en lien avec les besoins de la population. (Y-a-t-il une demande si pressante d’installer des entreprises de logistique par exemple ?). On a besoin d’une vision de ce que nous voulons construire comme tissu économique qui réponde aux besoins et à la qualité de vie des populations de nos communes.
  • Ce projet de 150 ha à commercialiser nous paraît surdimensionné (150 ha dans un premier temps, 250 ultérieurement). A titre de comparaison le projet, également contestable, du plateau de Saclay en région parisienne représente 562 hectares. Le centre-ville de Poitiers (le « plateau ») 150 hectares. La bonne méthode pour définir le besoin serait d’abord, dans le cadre du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), d’inventorier l’existant, d’en définir la cohérence, de penser de manière prospective le développement économique du territoire sans opposer les collectivités entre elles ; en recherchant la complémentarité et l’efficacité. Un emploi créé ici ne doit pas être un emploi supprimé ailleurs. Un emploi créé ici doit répondre le plus possible à un besoin exprimé ici.
  • Cette surface de 150 ha nous paraît d’ailleurs pensée dans une logique qui n’est pas la nôtre. Grand Poitiers a besoin d’une ceinture verte si nous voulons tendre vers l’autonomie en matière d’alimentation et vers la maîtrise qualitative de notre nourriture. Il faut pour cela de l’espace et on doit mordre le moins possible sur les réserves des terres agricoles. Dans ce domaine, on peut parler d’un hectare ou de deux hectares directement créés pour un emploi, voire plus s’il s’agit de culture maraîchère. Et ce sans compter les éventuels emplois induits (transformation, restauration collective). Mais que signifie parler de 15 emplois par hectare dans le domaine industriel ? Ce ratio paraît faible pour des entreprises qui devraient de par leur caractère industriel proposer une plus forte concentration d’emplois. N’y a-t-il pas là un manque de volonté de concentrer l’activité en créant ces zones d’activités « modèle américain » où on ne se déplace qu’en voiture et où les parkings occupent plus de place que les ateliers ?
  • Il ne faut pas négliger l’impact écologique d’une telle zone. Imperméabilisation du sol avec diminution de l’infiltration des eaux de ruissellement dans les nappes phréatiques, augmentation et engorgement de la circulation automobile dans le secteur, habitat remarquable d’espèces floristiques protégées qu’il faudra installer dans des corridors verts.
  • Il ne faut pas se contenter de colorier en vert un projet en introduisant des coulées vertes et en annonçant qu’on pensera aux transports en commun quand le besoin s’en fera sentir. Il faut d’ores et déjà mettre la lutte contre l’étalement urbain au programme, penser les zones en pensant les transports et les déplacements, introduire parcobus, zones de covoiturage et parkings mutualisés. Ce qui n’a pas été fait dans ce projet.
  • Ce projet contribue aussi à éloigner le plus les lieux de vie des lieux de travail. Qu’il y ait des transports en commun ou non.
  • A-t-on réellement besoin de 150 ha pour les vingt ans qui viennent ? Cela pose la question de se demander si nous récupérerons les millions engagés par la commercialisation de ces lots, si nous pouvons compter sur la manne des 6 millions par an de taxes prélevées sur les entreprises et si nous pouvons enfin, et c’est le plus important, asseoir dans le périmètre les 2 500 emplois développés escomptés.
  • Ce projet a été pensé avant la communauté urbaine de Poitiers. Maintenant cette communauté créée, d’autres communes disposent déjà de zones d’activités qui ne demandent qu’à accueillir des entreprises et dont certaines sont viabilisées mais vides. Ce qui permet de douter de la viabilité économique du projet, et qui nous donne des craintes sur le fait que le projet risque de se faire en pure perte, ou qu’il risque de nuire aux ZAC du Chauvinois par exemple.
  • N’y a-t-il pas de terrains disponibles ailleurs ? Des friches, à commencer par les terrains situés à proximité du site de Michelin. De nombreux commerces ou entreprises ferment dans l’agglomération, le fait de créer une zone plus excentrée ne crée pas de l’activité mais ne fait que la déplacer tout en laissant des friches inutiles et inutilisables en l’état. D’ailleurs, à Chasseneuil, la zone des Grands Philambins est en expansion, mais de nombreux locaux à proximité se vident. Nous assistons à une fuite en avant.

Les pièces du dossier de l’enquête publique sur la Zone d’Activités Aliénor d’Aquitaine (ZAC République IV) sont accessibles en cliquant sur les liens suivants  :

Avis de l’autorité environnementale Parc Aliénor Aquitaine_11.2016

Dossier de demande d’autorisation – volet eau et milieux aquatiques_08.2016

Complément à l’étude d’impact Parc Aliénor Aquitaine_02.2016

Étude d’impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 1 à 3

Étude d’impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 4 et 5

Étude d’impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 6 et 7

Étude d’impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 8 et 9

Enquête publique Zone d’Activités Aliénor d’Aquitainehttp://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Parc-AA-1-1024x727.jpghttp://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Parc-AA-1-150x150.jpg SecretariatOzons ActionsActualités
Avis d'enquête publique Parc Aliénor Aquitaine Contribution du groupe Osons Poitiers Écologique, Sociale, Solidaire et Citoyenne à l’enquête publique sur la zone Aliénor d’Aquitaine. Nous nous opposons au projet de zone République 4 pour de nombreuses raisons. Il ne s’agit pas tant de déceler des failles techniques ou réglementaires dans le...
<p style="text-align: center;"><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Avis-denquête-publique-Parc-Aliénor-Aquitaine.pdf" target="_blank">Avis d'enquête publique Parc Aliénor Aquitaine<img class="alignnone wp-image-28850 size-full" src="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Parc-AA-1.jpg" width="1134" height="805" /></a></p> <p style="text-align: center;"><b>Contribution du groupe Osons Poitiers Écologique, Sociale, Solidaire et Citoyenne à l’enquête publique sur la zone Aliénor d’Aquitaine.</b></p> <p style="text-align: justify;">Nous nous opposons au projet de zone République 4 pour de nombreuses raisons. Il ne s’agit pas tant de déceler des failles techniques ou réglementaires dans le dossier soumis à enquête publique, mais de contester le projet en termes d’impact global environnemental et social.</p> <p style="text-align: justify;">La procédure « Loi sur l’Eau » à laquelle est soumis le projet ne s’occupe que d’évaluer l’impact en termes de ruissellement ou infiltration des eaux, ou en termes d’impact faunistique ou floristique sur des espèces protégées. Du fait du bétonnage, le terrain n’infiltre plus et la compensation proposée consiste à stocker et infiltrer les eaux sur une zone réduite. Mais du reste, les terrains impactés ne sont vus que comme des champs servant à l’infiltration des eaux de pluies. Dans ce type de dossier, les surfaces impactées ne sont jamais vues comme des surfaces agricoles productives dont l’artificialisation réduit de plus en plus la souveraineté alimentaire des territoires.</p> <p style="text-align: justify;">Si les procédures « loi sur l’eau » prévoient que pour une zone humide détruite, une autre zone humide doit être créée par exemple, une terre agricole détruite n’est jamais remplacée. (Il se trouve par ailleurs que la méthode de compensation peut être contestable, car elle évite de se poser la question de réduire le problème à la source, et un milieu naturel ne se remplace pas si simplement). Et au-delà, l’impact social n’est jamais discuté, ni même le besoin de faire ce projet.</p> <p style="text-align: justify;">C’est donc aussi sur le fond que nous nous opposons à ce projet :</p> <ul> <li style="text-align: justify;">Cette zone d’activités se construit dans une logique de compétition entre les collectivités et sans que l’activité recherchée soit pensée en lien avec les besoins de la population. (Y-a-t-il une demande si pressante d’installer des entreprises de logistique par exemple ?). On a besoin d’une vision de ce que nous voulons construire comme tissu économique qui réponde aux besoins et à la qualité de vie des populations de nos communes.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">Ce projet de 150 ha à commercialiser nous paraît surdimensionné (150 ha dans un premier temps, 250 ultérieurement). A titre de comparaison le projet, également contestable, du plateau de Saclay en région parisienne représente 562 hectares. Le centre-ville de Poitiers (le « plateau ») 150 hectares. La bonne méthode pour définir le besoin serait d’abord, dans le cadre du Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), d’inventorier l’existant, d’en définir la cohérence, de penser de manière prospective le développement économique du territoire sans opposer les collectivités entre elles ; en recherchant la complémentarité et l’efficacité. Un emploi créé ici ne doit pas être un emploi supprimé ailleurs. Un emploi créé ici doit répondre le plus possible à un besoin exprimé ici.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">Cette surface de 150 ha nous paraît d’ailleurs pensée dans une logique qui n’est pas la nôtre. Grand Poitiers a besoin d’une ceinture verte si nous voulons tendre vers l’autonomie en matière d’alimentation et vers la maîtrise qualitative de notre nourriture. Il faut pour cela de l’espace et on doit mordre le moins possible sur les réserves des terres agricoles. Dans ce domaine, on peut parler d’un hectare ou de deux hectares directement créés pour un emploi, voire plus s’il s’agit de culture maraîchère. Et ce sans compter les éventuels emplois induits (transformation, restauration collective). Mais que signifie parler de 15 emplois par hectare dans le domaine industriel ? Ce ratio paraît faible pour des entreprises qui devraient de par leur caractère industriel proposer une plus forte concentration d’emplois. N’y a-t-il pas là un manque de volonté de concentrer l’activité en créant ces zones d’activités « modèle américain » où on ne se déplace qu’en voiture et où les parkings occupent plus de place que les ateliers ?</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">Il ne faut pas négliger l’impact écologique d’une telle zone. Imperméabilisation du sol avec diminution de l’infiltration des eaux de ruissellement dans les nappes phréatiques, augmentation et engorgement de la circulation automobile dans le secteur, habitat remarquable d’espèces floristiques protégées qu’il faudra installer dans des corridors verts.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">Il ne faut pas se contenter de colorier en vert un projet en introduisant des coulées vertes et en annonçant qu’on pensera aux transports en commun quand le besoin s’en fera sentir. Il faut d’ores et déjà mettre la lutte contre l’étalement urbain au programme, penser les zones en pensant les transports et les déplacements, introduire parcobus, zones de covoiturage et parkings mutualisés. Ce qui n’a pas été fait dans ce projet.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">Ce projet contribue aussi à éloigner le plus les lieux de vie des lieux de travail. Qu’il y ait des transports en commun ou non.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">A-t-on réellement besoin de 150 ha pour les vingt ans qui viennent ? Cela pose la question de se demander si nous récupérerons les millions engagés par la commercialisation de ces lots, si nous pouvons compter sur la manne des 6 millions par an de taxes prélevées sur les entreprises et si nous pouvons enfin, et c’est le plus important, asseoir dans le périmètre les 2 500 emplois développés escomptés.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">Ce projet a été pensé avant la communauté urbaine de Poitiers. Maintenant cette communauté créée, d’autres communes disposent déjà de zones d’activités qui ne demandent qu’à accueillir des entreprises et dont certaines sont viabilisées mais vides. Ce qui permet de douter de la viabilité économique du projet, et qui nous donne des craintes sur le fait que le projet risque de se faire en pure perte, ou qu’il risque de nuire aux ZAC du Chauvinois par exemple.</li> </ul> <ul> <li style="text-align: justify;">N’y a-t-il pas de terrains disponibles ailleurs ? Des friches, à commencer par les terrains situés à proximité du site de Michelin. De nombreux commerces ou entreprises ferment dans l’agglomération, le fait de créer une zone plus excentrée ne crée pas de l’activité mais ne fait que la déplacer tout en laissant des friches inutiles et inutilisables en l’état. D’ailleurs, à Chasseneuil, la zone des Grands Philambins est en expansion, mais de nombreux locaux à proximité se vident. Nous assistons à une fuite en avant.</li> </ul> <p style="text-align: justify;"><em>Les pièces du dossier de l'enquête publique sur la Zone d'Activités Aliénor d'Aquitaine (ZAC République IV) sont accessibles en cliquant sur les liens suivants  :</em></p> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Avis-de-lautorité-environnementale-Parc-Aliénor-Aquitaine_11.2016.pdf" target="_blank">Avis de l'autorité environnementale Parc Aliénor Aquitaine_11.2016</a></em> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Dossier-de-demande-dautorisation-volet-eau-et-milieux-aquatiques_08.2016.pdf" target="_blank">Dossier de demande d'autorisation - volet eau et milieux aquatiques_08.2016</a></em> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Complément-à-létude-dimpact-ParcAliénorAquitaine_02.2016.pdf" target="_blank">Complément à l'étude d'impact Parc Aliénor Aquitaine_02.2016</a></em> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Étude-dimpact-Parc-Aliénor-Aquitaine_Annexes-1à-3.pdf" target="_blank">Étude d'impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 1 à 3</a></em> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Étude-dimpact-Parc-Aliénor-Aquitaine_Annexes-4-et-5.pdf" target="_blank">Étude d'impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 4 et 5</a></em> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Étude-dimpact-Parc-Aliénor-Aquitaine_Annexes-6-et-7.pdf" target="_blank">Étude d'impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 6 et 7</a></em> <em><a href="http://osonspoitiers.fr/wp-content/uploads/2017/05/Étude-dimpact-Parc-Aliénor-Aquitaine_Annexes-8-et-9.pdf" target="_blank">Étude d'impact Parc Aliénor Aquitaine_Annexes 8 et 9</a></em>